Drôle d'ambiance, dans la nuit de vendredi à samedi, au Mans. Aux environs d'1 h du matin, un hélicoptère, équipé d'un projecteur, a survolé la ville, effectuant plusieurs passages à basse altitude, notamment dans les quartiers sud et ouest de la ville. L'engin, dont le bruit de moteur et d'hélices a dû réveiller des milliers de Manceaux, traquait un évadé, un dangereux malfaiteur ? Perdu.
L'hélicoptère, qui a décollé de l'école de gendarmerie, faisait partie d'un dispositif police-gendarmerie destiné à stopper les runs, rassemblements sauvages de motards qui enchaînent pointes de vitesse et acrobaties casse-gueule, genre roue arrière, devant un public admiratif : souvent plus d'une centaine de personnes, postées à quelques mètres des bolides. « Un vrai problème de sécurité publique. Ces runs sont dangereux pour les motards et les spectateurs. Récemment, lors d'un accident, il y a eu des blessés », précise un officier du commissariat central du Mans.
Il y a quelques années, ces runs avaient déjà causé du souci à la préfecture. Qui avait refusé la proposition de certains motards d'encadrer le délire des pilotes, avec barrières et services de secours. Les runs avaient cessé de bourdonner. Depuis quelques mois, ils reprennent de plus belle, quasiment tous les vendredis soirs, Chemin aux boeufs, près de la salle Antarès.
Les interventions des uniformes bleus ? Souvent infructueuses. « Dès qu'ils voient une voiture de police arriver, les portables chauffent, ils annulent ou se déplacent ailleurs. » Notamment sur le boulevard Pierre-Lefaucheux, longue ligne droite en bordure de zone industrielle sud. « C'est un endroit encore plus dangereux que le Chemin aux boeufs », estime l'officier de police. D'où l'intérêt de l'hélicoptère, associé à des équipes en voiture, pour « suivre les mouvements et les regroupements des motards et des spectateurs. »
L'opération de ce week-end, destinée à dissuader les motards rebelles, a débouché sur plusieurs interpellations. Combien ? Hier après-midi, les policiers du commissariat central du Mans, débordés par les auditions, n'ont donné aucun chiffre. Idem du côté de la préfecture, où Guillaume Douheret, directeur de cabinet, affiche sa fermeté : « Pas question de négocier un encadrement des runs. Ils sont interdits, ils doivent cesser